Publié par : astringues | 30 avril 2009

Coup de coeur

le groupe L’homme parle a récemment commis une chanson nommée “La Crise” on ne peut plus d’actualité.

Selon leurs propres termes, ils se considèrent comme “Enfants du métissage des cultures et du brassage des ethnies, « L’Homme parle » est le symbole d’une jeunesse unie contre les offensives capitalistes et contre toutes les formes d’oppression et de discrimination. Tout le monde est appelé à agir et à parler pour changer les choses au quotidien et aspirer à plus d’humanité. Le poing en l’air et le mic à la main, « L’Homme parle » des combats à mener et des causes perdues, des paradis artificiels et des pièges du monde moderne, des moments de bonheur et de l’amertume de la vie… et de l’amour qu’on néglige trop souvent.” (lire la suite sur leur site)

A noter que leur premier album “Militants du quotidien” sortira le 15 juin.

Publié par : astringues | 2 janvier 2009

Bien meilleurs vœux

Cédant à la sempiternelle tradition des vœux, je souhaite cependant m’affranchir de cette formulation, en essayant d’employer des mots selon leur sens réel. En effet, étymologiquement ce terme désigne en premier lieu une supplication adressée à Dieu, exercice auquel je ne peux succomber tant je ne peux me résoudre à croire en l’existence de ce personnage de légende dont la rumeur perdure envers et contre toute raison. Une autre des significations admises est la notion de souhait : là encore je ne souscris pas à cette option sémantique, un souhait contenant trop de passivité tacite. On trouve par ailleurs, dans le sens du mot, l’expression d’une volonté beaucoup trop autocratique pour moi : vœux du législateur, de la nation, etc. (voir ce lien pour plus de précisions)

Je préfère à ces options celle de vous présenter ce que je désire, tant le désir est une démonstration de la conscience tel que l’exprimait Hegel, et tant cette conscience est et sera le point de départ de toute prise en charge de soi-même pour chaque habitant de cette terre.

Et pour que cette prise en charge soit effective, il convient que chacun en ait eu les moyens de sa genèse, qu’on lui ai donné la possibilité de concevoir et d’exprimer ses désirs, qu’on lui ait donné, en un – gros – mot comme en cent, une Éducation.

Pour 2009 je désire que l’éducation soit enfin considérée comme l’affaire de tous, au-delà des déclarations d’intention de beaucoup. L’école, de la maternelle à l’université, concerne presque tout le monde individuellement : en dehors du temps passé entre la sortie d’une scolarité et le début d’une paternité/maternité, le lien est indéniablement direct. Et encore, durant cet intervalle parfois court, qui n’a pas une sœur ou un neveu dans les études, un oncle ou un ami enseignant ? Elle concerne par contre l’ensemble d’une société d’un point de vue collectif : qui plus que l’école façonne, plus ou moins adroitement et efficacement, le devenir commun d’un groupe humain vivant ensemble ?

Pour 2009 je désire que les buts et moyens de l’école soient réfléchis, débattus et décidés entre tous ces protagonistes, et non décidés arbitrairement par quelques penseurs autorisés à qui des autorités soi-disant démocratiquement désignées à cette tâche ont commandé un cahier des charges  idéologiquement correct.

Pour 2009 je désire que l’école soit un lieu où se forge l’éducation d’êtres humains dont la finalité sera de réfléchir et d’analyser les modalités de leur vie, dont les moyens seront la culture et la tolérance, dont le but sera un vivre ensemble meilleur et plus respectueux. Pour cela, il est urgent de revoir les buts et les injonctions auxquels on la soumet, et qui fabriqueront dans le meilleur des cas des singes savants, dans la plupart des crétins dociles. À ceux qui rêvent de la voir construire des choristes façon Césars du cinéma, je rappellerai la phrase de Montaigne : L’enfant n’est pas un vase qu’on remplit, mais un feu qu’on allume.

Enfin pour 2009 je désire profondément que tous ceux d’entre nous qui le peuvent agissent comme si mes désirs précédents étaient depuis longtemps réalité : que chacun, en conscience, prenne en main son destin et sa réalité ; que chacun, en toute indépendance, se forge une opinion qui lui soit personnelle et non dictée par un journal télévisé, un spot publicitaire ou un discours de ministre ; que chacun s’approprie à nouveau la capacité d’agir sur son présent et son futur, dont il n’est dépossédé que par la croyance qu’on lui a inculqué de son incapacité à le faire ; que chacun, en un mot, se dresse dans toute sa dignité d’être humain et proclame : le monde que désire, le voici, et avec engagement et détermination je me battrai pour l’obtenir.

Je désire que 2009 soit une année d’espoir.

Publié par : astringues | 20 novembre 2008

Et quand l’eau sera trop chaude ?

Qu’elle que soit la façon dont on l’habille, la réalité finit toujours par percer sous les oripeaux qu’on lui attribue, tant qu’il reste un oeil assez ouvert pour être vigilant : c’est un fait, depuis les attentats du 11 septembre 2001, les libertés individuelles sont en nette régression dans la plupart des pays occidentaux, et cette tendance s’accentue en France dernièrement.

Lutter contre le terrorisme c’est bien (qui prétendrait le contraire ?), lutter contre la délinquance, c’est bien (là encore tout le monde sera d’accord), mais que penser lorsqu’on utilise des outils prévus pour ces buts légitimes à des fins moins avouables ? Combien de sans-papiers ont été expulsés suite aux contrôles de vigipirate, par exemple ?

Que penser lorsque des mesures de pistage, de surveillance des “déviances intellectuelles” ou des opinions critiques, ou de fichage se succèdent les unes aux autres dans une indifférence générale hormis certains qui – au risque de passer pour paranoïaques – mènent une vigilance citoyenne contre ces restrictions au droit de réfléchir, d’être en désaccord avec le “projet de civilisation gouvernemental” ?

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Publié par : astringues | 4 août 2008

Jusqu’où supporterons-nous ?

Quand ils ont expulsé les sans-papiers
je n’ai pas réagi, j’avais des papiers.

Quand ils ont créé les franchises médicales
je n’ai pas réagi, je ne suis pas malade.

Quand ils ont fiché les syndicalistes sur Edvige
je n’ai pas réagi, je ne suis pas syndicaliste.

Quand ils ont privatisé tous les services publics
je  n’ai pas réagi, je ne suis pas fonctionnaire.

Quand ils ont anéanti 50 ans de réflexion à l’école
je n’ai pas réagi, je ne suis pas enseignant.

Quand ils ont transformé les banlieues en ghettos armés
je n’ai pas réagi, je ne vis pas en banlieue.

Quand tous les médias sont passés sous influence présidentielle
je n’ai pas réagi, je ne regarde pas la télé.

Quand 4 millions de français sont passé sous le seuil de pauvreté
je n’ai pas réagi, j’ai un CDI.

Quand j’ai su qu’une femme meurt sous les coups de son conjoint tous les 3 jours
je n’ai pas réagi, je suis un homme.

Et quand viendra votre tour, qui croyez-vous qu’il restera pour réagir ?

(d’après Martin Niemöller)

Publié par : npa orléans | 10 juin 2008

La journée d’Enzo

Ce texte a été trouvé tel quel sur le net, et je n’en ai pas retrouvé l’auteur. Si quelqu’un se reconnait pour tel, qu’il n’hésite pas à me contacter pour recevoir mes chaleureuses félicitations.

3 septembre 2012

Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Voir plus…

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