Posted by: astringues | 8 mars 2008

Et qui créa la journée de la femme ?

Ce 8 mars est la journée de la femme. Tous les médias se penchent depuis quelques jours déjà sur cette problématique internationale, nous rappelant les écarts de salaires selon le sexe, la situation dramatique d’Ingrid Bétancourt qui est déjà proposée pour devenir femme de l’année, ou la situation difficile de la condition féminine en Afghanistan.

Je trouve cela ridicule.

Que veut dire une journée de la femme ? Est-ce une sorte de femmethon ? Considère-t-on qu’être une femme est une maladie, une tare qu’il faut célébrer une fois par an pour mesurer la difficulté d’existence de la gent féminine ?

Ou, plus pernicieusement, tente-t-on de se donner bonne conscience pour oublier que malgré des années de féminisme, la situation des femmes est toujours déplorable en France et dans le monde ?

Oublier qu’une femme meurt tous les trois jours sous les coups de son conjoint (voir ce document).

Oublier que la discrimination sexuelle à l’embauche est une réalité bien pire que les écarts de salaires.

Oublier que la publicité, le cinéma, les clips musicaux continuent de véhiculer une image d’objet sexuel reléguant plus de la moitié de l’humanité au rang de sextoy pour homme frustré.

Oublier les pressions, les abus de domination physiques et psychologiques dont sont victimes les femmes qui mettent le nez dans des domaines concernant une structure de pouvoir. Ne serait-ce qu’en politique, le type de femme qui réussit à prendre place sur la scène est heureusement assez peu représentatif de son genre : observer Mmes Royal, Alliot-Marie ou Parisot fait froid dans le dos ! J’aime d’ailleurs assez le dicton qui proclame que l’égalité des sexes sera réelle le jour où on nommera des femmes incompétentes à des postes importants.
Arrêtons cette mascarade : proclamons 364 journées de la femme pour nous souvenir que la situation dont elles souffrent parfois est quotidienne, mondiale, et dûe au pouvoir physique et à la volonté des hommes qui n’ont pas su évoluer depuis le néolithique où leur force leur donnait un rôle essentiel de protection, et non de soumission.

En attendant une véritable considération de nos sœurs, compagnes et mères sur cette terre, rendons hommage à celles qui ont inspiré la beauté, non pas de leur plastique siliconée, mais de leur regard, leur intelligence et leur personnalité, dans ce superbe montage vidéo.

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Responses

Très beau texte et comment ne pas y souscrire pleinement et entièrement ?

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