Réforme du collège : s’opposer à quoi ?

Publié: 14 avril 2015 par astringues dans Société

Très pertinent billet de Laurent Fillion

Peut mieux faire !

Dès sa présentation initiale, la réforme du collège a provoqué un tollé surjoué. Accusée de tous les maux avant même qu’elle n’ait eu la chance d’être précisée et encore moins mise en œuvre, elle constitue un enjeu important pour la démocratisation du collège. Construire enfin le collège unique et sortir d’une vision mini-lycée.

Nous avons la conviction que la réforme proposée aujourd’hui va dans le bon sens, qu’elle est relativement ambitieuse et qu’il faudra avoir le courage d’aller au bout de l’idée.

Cette réforme a ses détracteurs. Si nous pouvons comprendre l’inquiétude des collègues de bonne foi, inquiets par l’inconnu, il ne faut pas se voiler la face, d’autres défendent une vision passéiste de l’école. La blouse et le tableau noir, le maître qui détient et déverse son savoir… et au final des élèves laissés pour compte.

Plus inquiétant peut être, des collègues plutôt progressistes, qui s’opposent avant tout parce…

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Mon métier de formateur au numérique dans le premier degré (AKA #Ftice1d) m’amène régulièrement à réfléchir sur les différentes façons d’orienter les pratiques pédagogiques des enseignants afin d’optimiser l’utilisation d’outils numériques dans leurs enseignements et surtout que leurs élèves se les approprient afin d’optimiser les modalités d’apprentissage.

Dans cette optique, j’avais été très séduit par la proposition de Ruben Puentedura et de son modèle SAMR, qui m’avait d’ailleurs amené à en proposer une présentation visuelle que j’utilise encore régulièrement dans mes animations pédagogiques :

Puis j’ai découvert il y a quelques semaines un autre modèle qui tend vers des objectifs similaires, à savoir l’intégration des technologies numériques dans l’éducation, proposé par Thierry Karsenti et qui porte le doux nom d’ASPID. En voici une représentation :

aspid-TCe billet a pour vocation d’en faire un comparatif, dans le but d’alimenter une réflexion sur mes pratiques professionnelles ainsi que celles de mes collègues et de créer les conditions d’un débat.

Les objectifs

Parler d’objectifs similaires est en fait un peu délicat, car si le but est bien l’utilisation pédagogique du numérique, les intentions sont toutefois fondamentalement différentes.

Si Puentedura s’inspire sur le fond de la taxonomie de Bloom dans l’idée d’amener l’élève à des situations dans lesquelles ses acquisitions et ses productions seront au centre de ses apprentissages, le travail de Karsenti est plutôt orienté vers l’assimilation des outils par l’enseignant pour dynamiser sa pédagogie. On retrouve cependant dans les deux cas des phases initiales (substitution) et finales (redéfinition chez l’un, innovation chez l’autre) dont les caractéristiques sont similaires.

Alors, l’un des modèle est-il plus avantageux que l’autre ?

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Monsieur le Ministre…

Publié: 13 janvier 2014 par astringues dans Société

L'actualité des Formateurs Tice du Premier Degré

Monsieur le Ministre de l’Éducation Nationale, pour faire entrer l’école dans l’ère du numérique et pour que cette Révolution Numérique ne tourne pas en rond, n’oubliez pas tous les ATICE, IAI, EATICE, CTICE, EMALA, FIP, PRI, MAI, CTTICE de la terre et faites en sorte de leur reconnaître une véritable fonction, une véritable mission, bref un véritable statut de Formateur…

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Depuis quelques temps déjà l’idée d’écrire sur la relation entre ceux qui font la télévision et les réseaux sociaux m’interpellait. Et puis je suis tombé sur le supplément télé du Nouvel Obs du 12 au 25 octobre, avec ce titre : « Enquête : la télé face aux réseaux sociaux ». Diantre ! me suis-je dit, la presse traditionnelle m’aurait-elle coupé l’herbe sous le pied et devancé mes velléités critiques ?

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Que nenni ! La fameuse « enquête » tient en une page (illustrations enlevées) et n’aborde qu’un seul point des difficiles relations entre les médias :  le tweetbashing.

Un décalage temporel

Je reviendrai sur la critique de l’article plus bas, mais il me semble que la télévision souffre aujourd’hui d’un décalage temporel, qui met en pièces l’avantage qu’elle a construit au cours de l’histoire des médias, notamment sur la presse papier. Fini le temps des breaking news du JT de 20h, que vous ne liriez que le lendemain dans les journaux (voir le surlendemain selon l’heure du bouclage). En 2013, le temps de la conf’ de rédac’ et de la décision, l’info a déjà fait le tour du monde via internet et les réseaux sociaux !

L’exemple Léonarda

L’événement tragique et complexe de l’expulsion de cette kosovare de 15 ans en pleine sortie scolaire a clairement mis en exergue ce TVlag. Les faits ont eu lieu le 9 octobre et Twitter, via un certain nombre de relais a évoqué le sujet dès le début de la semaine suivant. Je fais moi-même suivre l’info dès le 14 octobre :

À ce moment, les comptes twitter conventionnels (@franceinfo, @liberation_info ou encore @lemondefr)  n’ont pas encore réagi mais ça ne va pas tarder. Les comptes de particuliers par contre s’enflamment et le trending topic (comprendre : sujet en vogue) monte en flèche.

Qu’en est-il des journaux télévisés ? L’info n’arrivera que deux à trois jours plus tard selon les chaînes, les politiques se sentiront obligé de réagir le week-end suivant puisque « c’est passé à la télé » et on n’évoquera plus que cela… une fois la collégienne expulsée.

Le goût des mèmes

Autre exemple, les émissions de divertissement qui recyclent des contenus amusants pêchés sur le web : ça fait branché et en plus ça coûte pas cher. Notamment les « mème« , tel dernièrement ce jeune homme faisant une déclaration d’amour en passant sa main sur le visage, ou encore l’excellent People dying like Marion Cotillard. De deux choses l’une : soit le téléspectateur est internaute, et il l’a déjà vu, soit il s’en moque voire n’en comprend pas l’intérêt. Dans les deux cas c’est inutile.

Au delà du fond, il est clair que la télévision a clairement montré qu’elle ne pouvait rivaliser sur le terrain de la rapidité avec internet d’une part, Twitter de l’autre. Il est temps qu’elle fasse sont aggiornamento et retrouve une place qui lui convienne. Puisqu’elle ne peut plus lutter en vitesse, peut-on envisager qu’elle le fasse en profondeur, à l’instar d’un news magazine par rapport à un quotidien ?

Il faudrait pour ça une réflexion et une analyse pour lesquelles la télévision n’a pas encore montré beaucoup d’appétence…

Mais revenons à l’article de l’Obs.

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Depuis cette année, le numérique est officiellement au cœur des préoccupations de l’éducation nationale en France, à grand renfort de communication ministérielle et d’avis divergents sur la forme que cette évolution doit prendre.

337px-IPad_2_in_dockL’intention de faire coïncider les pratiques de l’école avec les réalités de son temps, notamment en matière d’évolution technologique, n’est pas neuve ni récente. Du plan informatique pour tous en 1985 au rapports Fourgous 2010 et 2012, les autorités éducatives on souvent tenté d’apporter des réponses scolaires à l’apparition de nouveaux outils. Notons au passage qu’il s’est toujours beaucoup plus agit de rattraper le retard de l’école sur la société, plutôt que d’anticiper ses développements et surtout, c’est l’objet de cette contribution, d’apporter des réponses matérielles plutôt que pédagogiques ou éducatives.

Des plans et des outils

Il y a quelques années encore, l’informatique des écoles ressemblait à une salle dédiée avec une dizaines de postes reliés en réseau local, ou à quelques ordinateurs en fond de classe (il paraît qu’aujourd’hui on doit dire en cœur de classe, toujours la primauté de la forme sur le fond). Depuis, les évolutions technologiques se sont succédées à mesure que le marché de l’éducation devenait lucratif pour les constructeurs de matériel : classes mobiles, tableaux numériques interactifs, espaces numériques de travail et aujourd’hui tablettes, chacun étant à son tour paré des vertus de la panacée universelle qui allait, cette fois c’était la bonne, faire entrer l’école dans son siècle et transformer chaque chère tête blonde, black ou beur en geek hyper-compétent.

Sauf que…

L’esprit et le temps du pédagogue ne sont pas ceux du décideur

Le cruel fossé qui sépare les utilisateurs des technologies des décideurs qui impulsent les politiques ou acquièrent le matériel montre une nouvelle fois sa prégnance.

Flashback n°1 : Ludovia, août 2012 (pour les non initiés, il s’agit de l’université d’été du numérique éducatif) j’entends au cours d’une table ronde Serge Tisseron (dont je n’oserai par ailleurs ni critiquer ni évaluer le travail) évoquer l’utilité de la tablette en classe par le plaisir du toucher que l’élève a à manipuler l’objet et qui lui remémore inévitablement la construction du schéma corporel du petit enfant.

Flashback n°2 : Salon Educatice, novembre 2012, un représentant d’un fabriquant de TNI avec qui je travaille depuis plusieurs années me montre leur nouveauté de l’année : l’application pour tablette qui permet de piloter le tableau du fond de la classe. Quand je le questionne sur l’utilité du dispositif (le tableau interactif a un usage collectif et frontal, c’est une de ses limites), il me répond :

Aujourd’hui si tu n’es pas présent sur le marché des tablettes, tu ne vends plus rien.

Deux exemples flagrants qui corroborent le fait que l’engouement pour les nouvelles technologies ne tient absolument pas compte des réalités pédagogiques. Avec quelle gourmandise entendait-on le mot Ipâââd dans la bouche de personnes sensées éclairer ou orienter les pratiques des enseignants, notamment à la DGSECO !

À quel moment s’est-on questionné sur les pratiques à associer à ces matériels, sur les usages à développer pour en tirer la quintessence, sur la nécessaire formation des enseignants à faire évoluer leur pédagogie pour profiter des nouvelles opportunités générées ? Quand a-t-on évalué la pertinence et l’efficience des investissements réalisés ? La dotation massive des écoles britanniques en TNI n’a jamais été traduite par une réduction de l’échec scolaire, par exemple, même si elle a fait évoluer, souvent par autoformation, les pratiques de classe des enseignants.

Et le numérique alors ?

Cette fascination pour l’objet technologique qui brille est en train de nous faire rater le virage numérique, amorcé depuis quelques années déjà et que certains comparent à une nouvelle révolution industrielle, c’est-à-dire une évolution majeure qui transforme à jamais le visage de nos sociétés. Nous sommes loin du gadget ou de l’objet, c’est notre monde dans son essence qui est modifié par le numérique et qu’on le souhaite ou non, il y aura un avant et un après et, contrairement à un roman de Murakami, il ne s’agit pas d’un monde parallèle au nôtre qu’on peut choisir de parcourir ou non.

À force de se focaliser sur de fausses problématiques, le monde de l’éducation manque complètement l’occasion de se projeter dans le contemporain, d’en envisager les problématiques d’éducation (en attendant une souhaitable disparition, le domaine 2 du B2i n’a jamais été autant d’actualité), de profiter de nouvelles possibilités de ressources en particulier collaboratives (quid des MOOC ?) voir de sortir d’un modèle propriétaire et fermé sooooo XXème siècle pour utiliser l’immatérialité avec efficacité.

Nous reproduisons en fait l’attitude des éditeurs de manuels scolaires qui, à force de faire du lobbying pour protéger un modèle économique caduc, ont complètement échoué dans le passage au numérique. Reste à espérer que la prise de conscience viendra avant la prochaine révolution, sinon nous en serons quittes pour attendre le plan numérique pour tous 2016.

N.B. Le titre fait évidemment référence au film « L’arbre, le maire et la médiathèque« 

Et pour plaisanter sur le sujet, ma parodie du film « La chute » :

WordPress fait le bilan pour moi…

Publié: 31 décembre 2012 par astringues dans Société

Les lutins statisticiens chez WordPress.com ont préparé un rapport annuel 2012 pour ce blog.

Voici un extrait :

Le nouveau Boeing 787 Dreamliner peut emmener 250 passagers. Ce blog a été vu environ 1 700 fois en 2012. S’il était un Dreamliner, il faudrait environ 7 voyages pour faire voyager autant de personnes.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Il est autorisé… d’autoriser

Publié: 31 juillet 2011 par astringues dans Société
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Le maire de la Ciotat (Bouches-du-Rhône) a décidé d’interdire une des plages aux fumeurs. Bon. Dans cet article, Ouest-France annonce même la couleur : La Ciotat et New York même combat anti-fumeur. Bon. Aucun commentaire par contre dans l’article sur les raisons de cet arrêt municipal (peut-être le journal n’envisage-t-il même pas que l’on soit surpris ?).

Mais oui, au fait, pourquoi ?

Les raisons sanitaires qui ont été évoquées pour justifier l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’ont pas la moindre validité en plein air, et encore moins sur des plages où la fréquence du vent nous fait avaler plus de grains de sable que de nicotine.

Des raisons de propreté concernant les mégots dans le sable pourraient être avancées, sans pour autant tenir la route : faites un tour sur une plage le soir, vous y trouverez beaucoup plus de papiers d’emballages ou de bâtons de glaces, tout aussi polluants et sales. D’ailleurs, certaines municipalités distribuent des mini-cendriers de plage à vider dans les poubelles situées près des accès aux plages, et ça fonctionne très bien (Noter, pour ma prochaine conférence à l’ENA : en appeler au bon sens et à l’intelligence des gens est généralement très efficace).

Non, là, monsieur le Maire nous a sortit l’arme à la mode du moment : l’interdiction.

Tout est interdit !

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