Protection à rapprocher

Publié: 16 août 2010 par astringues dans Orléans, politique, Société
Tags:, ,

Tout d’abord, pour marquer la reprise du blog, un petit coup de relooking avec un nouveau thème, moins bucolique et plus urbain (mon coach en présence multimédia m’a dit que c’était grave tendance). Bon, moi j’aime bien 😉

Qui se protège de quoi ?

Il m’est arrivé (il y a quelques mois) d’avoir l’occasion de marcher dans la rue de mon charmant quartier, en même temps qu’y déambulaient benoîtement deux ou trois ministres, dont le premier d’entre eux.

Ces braves gens sortaient de leur capitale et de leurs ministères pour y arpenter les trottoirs de notre bonne cité, laboratoire intéressant des politiques sécuritaires à la mode (d’ici à ce qu’on dise dans quelques années qu’Orléans a été le Guernica de l’UMP… non, je m’emballe, là). Pas trop loin quand même : la cité johannique n’est qu’à une heure de la capitale et des ministères, il y fait le même temps qu’à Paris (donc Roselyne sait comment s’habiller) et on n’y trouve point trop de contestataires, c’est pas la Bretagne ni le salon de l’agriculture. Ils venaient donc chez les provinciaux (eux disent : en région) pour y annoncer une flopée de bonnes nouvelles :

  • les mesures prises par le gouvernement portent leurs fruits ;
  • des investissements supplémentaires seront faits ;
  • tous les ministères travaillent pour vous braves gens ;
  • demain on rase gratis.

On imagine déjà la foule en liesse exprimant sa gratitude envers ses représentants qui œuvrent aussi bien à leur bonheur et leur bien-être ; on voit déjà les milliers de pétales de rose jetés devant leurs brodequins vernis (pas Roselyne) ; on s’émeut de jeunes gens tombant en pâmoison devant le physique altier des membres du gouvernement ; on s’inquiète du sort des adolescents s’évanouissant après un refus d’autographe…

Pas tout à fait. En fait, les trois ou quatre costards (toujours pas Roselyne) qui se baladent dans le quartier avec le maire qui fait la visite (il doit lui aussi découvrir le quartier) sont entourés d’un premier cordon de gardes du corps, puis d’une cinquantaine de robocops armés jusqu’aux dents, sans compter les snipers posté sur les toits des immeubles alentours.

Alors pour approcher ces dieux vivants, certaines conditions sont indispensables :

  • avoir une carte de l’UMP, ou être reconnu comme sympathisant peut vous octroyer le droit d’entrer dans la salle de réunion où se tiendra le meeting (être journaliste dans un quotidien reconnu comme d’opposition vous en interdit l’accès) ;
  • forcer le premier rang des robocops vous donnera l’assurance de connaître les doubles charmes de la matraque et de la garde à vue (il y en qui ont essayé, ils ont eu des problèmes) ;
  • regarder de loin…

La troisième option étant la seule qui s’offrait à moi, je l’ai donc choisie en me disant : ces gens sont là pour annoncer des bonnes nouvelles, et ils se protègent comme s’ils craignaient une émeute. Donc soit ils sont complètement paranoïaques (possible), soit ils pensent que ces bouseux ne comprennent pas qu’on travaille pour leur bien, donc méfions-nous (à voir), soit ils savent parfaitement qu’ils vont débiter plus de mensonges à la minute qu’une armée de Pinnochio et qu’à un moment ça va se voir (plus probable).

Petit jeu : imaginez le type de protection dont aurait besoin un ministre qui viendrait annoncer des mauvaise nouvelles (bon, c’est virtuel, parce qu’en fait ils laissent cette tâche aux journalistes avant de venir dire qu’en réalité c’est moins pire que ce qu’on croit).

Anecdote

J’en finis avec une anecdote apparentée mais dans un autre registre : amenée au cours d’une conversation à définir ses fonctions, la directrice de cabinet du Recteur de l’académie d’Orléans-Tours a affirmé : « Mon travail, c’est de protéger le Recteur« . Pas d’impulser la politique de l’éducation nationale sur l’académie, pas de réduire l’échec scolaire, pas de lutter contre les violences dans certains établissements, non, protéger le Recteur.

De qui ? de quoi ? Ah, peut-être des subversifs qui oseraient émettre une opinion divergente.

Quand on voit la confiance des élites dans leur popularité, on mesure la confiance qu’ils ont dans leur propre politique. C’est bien, ça nous donne au moins un point commun : nous aussi on sait ce que vaut votre travail, et on est d’accord avec vous : il n’y a pas de quoi être fier.

Publicités

Exprimez-vous sur le sujet :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s