Il est autorisé… d’autoriser

Publié: 31 juillet 2011 par astringues dans Société
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Le maire de la Ciotat (Bouches-du-Rhône) a décidé d’interdire une des plages aux fumeurs. Bon. Dans cet article, Ouest-France annonce même la couleur : La Ciotat et New York même combat anti-fumeur. Bon. Aucun commentaire par contre dans l’article sur les raisons de cet arrêt municipal (peut-être le journal n’envisage-t-il même pas que l’on soit surpris ?).

Mais oui, au fait, pourquoi ?

Les raisons sanitaires qui ont été évoquées pour justifier l’interdiction de fumer dans les lieux publics n’ont pas la moindre validité en plein air, et encore moins sur des plages où la fréquence du vent nous fait avaler plus de grains de sable que de nicotine.

Des raisons de propreté concernant les mégots dans le sable pourraient être avancées, sans pour autant tenir la route : faites un tour sur une plage le soir, vous y trouverez beaucoup plus de papiers d’emballages ou de bâtons de glaces, tout aussi polluants et sales. D’ailleurs, certaines municipalités distribuent des mini-cendriers de plage à vider dans les poubelles situées près des accès aux plages, et ça fonctionne très bien (Noter, pour ma prochaine conférence à l’ENA : en appeler au bon sens et à l’intelligence des gens est généralement très efficace).

Non, là, monsieur le Maire nous a sortit l’arme à la mode du moment : l’interdiction.

Tout est interdit !

Si le titre de ce post est un clin d’œil à un slogan de mai 68 (je vous rassure, je n’allais pas encore à l’école), il résume assez bien les questions que l’on peut se poser dans ce pays et à notre époque, où l’interdiction est devenue omniprésente, perpétuelle et permanente.

Que ce soit pour opposer deux catégories de personnes (dans notre cas les fumeurs contre les hygiéniques, comme dirait Alévêque), sport national depuis l’avènement de Nicolas 1er il y a 4 ans, ou pour s’assurer que le bas peuple ne s’avisera pas de rappeler aux gouvernants que selon ce qu’on leur a appris à l’école, c’est lui qui a le pouvoir, l’interdiction par décret, loi ou autre est devenue le truc le plus tendance du moment.

En effet, suite au fonctionnement de base de notre monarque (un fait divers = une loi liberticide), de nombreux arrêtés se sont développés, réduisant petit à petit nos libertés individuelles sans jamais apporter d’amélioration pour la vie collective, puisque la plupart sont inapplicables (monsieur le Maire, vous allez les embaucher les 10 personnes qui vont arpenter votre plage pour vérifier qu’aucun fumeur ne la souille ? ou allez-vous installer des détecteurs de fumée sous le sable ? Allons, soyons sérieux !).

Donc il existe aujourd’hui les règlements qui indiquent que l’on n’a pas le droit, selon son âge, d’être à tel endroit à telle heure, que l’on ne doit pas s’habiller de telle façon, qui nous précise ce qu’on peut consommer ou non (enfin là, c’est surtout l’alcool et le tabac, parce que l’huile de palme et les édulcorants cancérigènes, on peut y aller à fond)… enfin bref, une recrudescence des diminutions (et un oxymore, un !) de nos libertés individuelles qui nous pourrit plus la vie chaque jour.

J’exagère ? Vous ne me croyez pas ? Faites le test : Prenez un apéro avec quelques amis durant lequel vous avalez 3 verres de ce que vous voulez, puis allez devant un commissariat (ou une gendarmerie, ne soyons pas sectaire) et criez « mort aux cons » ou faites une plaisanterie sur la taille du petit roi actuel. Attendez… encore un peu… ça y est, vous la sentez la réalité ?

Éducation !

Il est pourtant parfois nécessaire de faire des règlements ou de poser des limites qui permettent la vie en société, le nier serait stupide, mais il est diablement plus efficace de travailler sur l’éducation des personnes que de se limiter à un espèce de dressage pour lequel on n’a pas à se poser de questions, puisqu’on décide pour nous de ce qui est permis ou non : Tout le monde le sait, on applique d’autant mieux un conseil ou une directive si on en a compris (et admis) la substance.

Au lieu de ça, on déresponsabilise les gens, comme dans ce triste exemple dans l’actualité. Ça me rappelle les paroles de la chanson phare du film Subway : « Guns don’t kill people, people kill people ».

Du coup, pour bien vivre, il va maintenant falloir se résoudre à ce principe, tout est interdit sauf s’il est expressément indiqué que c’est autorisé, peut-être par le biais d’un panneau de ce type ?

Je suis enseignant, parent, et j’ai été candidat à une élection politique. À ces trois titres, j’ai toujours cru fondamentalement que le futur d’un élève, d’un enfant ou d’un citoyen résidait dans son émancipation. En 2011, j’ai peur qu’on ne soit plus nombreux à le penser.

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