Archives de la catégorie ‘Féminisme’

DSKgate ?

Publié: 17 mai 2011 par astringues dans Féminisme, Société
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Comme beaucoup, je suis depuis trois jours bombardé d’informations et de réactions concernant l’arrestation puis l’inculpation de Dominique Strauss-Khan à New-York.

Moins compétent juridiquement que le dernier des juges du fin fond du Turkménistan, je me garderai de prendre la moindre position juridique sur ce thème, d’autant que les procédures américaines diffèrent largement de nos pratiques françaises. De plus, il semble que beaucoup d’informations n’ont pas été publiées et que les fameuses « zones d’ombre » restent encore nombreuses, ce qui est logique à ce stade de l’enquête.

Cependant, l’ensemble des réactions sur les écrans (TV et Web) me laisse globalement un sentiment de malaise, sur lequel je souhaite revenir.

Présumée victime ?

Peu de réactions dans la classe politique ou médiatique ont relevé l’importance et la gravité des préjudices subis – si les faits sont avérés – par la victime. Dans une période où l’ensemble des médias et de la classe politique mettent en valeur la notion de victimation et que les enquêtes sur ce sujet se multiplient, aucune des interventions publiques ne se préoccupe, à l’exception notable de Clémentine Autain, de ce qu’aurait subi la femme de chambre.

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Veet épilée, vite rasée

Publié: 11 mai 2011 par astringues dans Féminisme, Société
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On ne mesure pas assez, parfois le pouvoir du dire et à quel point les princes du marketing en usent et abusent pour flatter chez nous des bas instincts ou des volontés de préservation – notez – toujours individuelles (manquerait plus que des clients fassent un groupe facebook contre la boutique, tiens !)

Il se trouve qu’il y a quelques jours la marque Veet, produits d’épilation féminins, lance une nouvelle campagne… à destination des (petites) filles chez qui la toison pubienne s’implante. Si je conçois sans problème que l’on mette – ou non – de la coquetterie (au sens noble du terme évidemment) au design de sa toison pubienne, j’ai un peu de mal à considérer que ce soit une préoccupation essentielle chez des gamines de cet âge. Ils ont eu beau appeler leur produit « Mon minou tout doux » (!), la veille citoyenne a fait que la promotion internet n’a pas duré plus de 48 heures.

Le pire dans l’histoire est qu’on s’aventure sur un terrain qui ressemble à de la pédophilie, alors que ce n’a rien à voir, comme l’explique cyniquement l’universitaire canadien Jean Hamann : «Ce phénomène de sexualisation précoce des jeunes filles est apparu dans une logique économique de segmentation des marchés. Il ne faut pas y voir une réaction contre le mouvement féministe. C’est juste un nouveau marché à exploiter. Sa valeur atteindrait 170 milliards de dollars par année aux États-Unis seulement. Pour accaparer ce marché, les entreprises se disputent une clientèle de plus en plus jeune.»

Peu importe, en effet, le respect de l’enfance, de l’être humain, ou pire encore du féminisme ; tant qu’il y a un marché à exploiter…

Pauvre monde…

Filerais-je un mauvais coton ?

Publié: 9 mars 2011 par astringues dans Féminisme, Société
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J’ai eu la surprise de constater qu’un de mes posts était référencé sur Hellocoton :

Capture du site

Intrigué, j’ai voulu en savoir plus sur ce site qui prétend faire découvrir « la richesse des meilleurs blog féminins« .

D’abord flatté en tant qu’homme que mes propos soient repris sur un site destiné aux femmes, ma satisfaction réelle a été de courte durée. En fait tout est dit dans la phrase précédente : c’est féminin, pas féministe.

Et ce site – vanté dans Elle – est en fait dirigé vers toutes celles qui aiment « la mode, la beauté, la déco, la cuisine… » et en causer avec leurs copines. Même si j’apprécie énormément la gastronomie, pas dit qu’Astringues y ait vraiment sa place !

Chroniques du machisme ordinaire

Publié: 14 janvier 2011 par astringues dans Education, Féminisme
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On fait parfois des rencontres impromptues qui nous soufflent un peu.

Soit une école élémentaire que je connais bien. On y trouve 5 classes du CP au CM2, dans une banlieue tranquille peuplée majoritairement de classes moyennes, et des enseignants pour la plupart encore assez jeunes, qui aiment leur boulot et on à cœur de bien le faire. Dans l’équipe enseignante de cette charmante école donc, on trouve quatre femmes pour un homme, ce qui correspond à la proportion moyenne nationale dans le 1er degré.

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Allez, une fois n’est pas coutume alors je vais le dire sans ambages : je suis fier du ministère de l’Éducation nationale.

Non, ne cherchez pas l’ironie sous-jacente, la moquerie ou le cynisme humoristique dont je suis parfois capable, c’est vrai. En effet, celui-ci dans sa grande sagesse vient d’éditer un guide ressources intitulé : Comportements sexistes et violences sexuelles : prévenir, repérer, agir.

Ce document, rédigé en collaboration avec le Service des droits des femmes et de l’égalité du ministère des solidarités et de la cohésion sociale est un modèle de clarté et de précision qui informe avec pertinence et justesse sur la réalité des violences sexuelles et des comportements sexistes, notamment dans le milieu scolaire dont les acteurs sont évidemment ciblés.

On y retrouve des définitions précises (qu’est-ce que le sexisme ?), des statistiques parfois surprenantes et des rappels sur la législation en vigueur qui permettent d’avoir une vision claire du problème. On y apprend parfois des choses surprenantes (et/ou alarmantes), même si l’on se croit sensibilisé et informé du problème.

Alors, à la manière d’un pitch pour vous donner envie de le lire (pas besoin d’appartenir au monde de l’éducation), quelques éléments qui m’ont surpris, intrigué, choqué :

  • 12% des personnes en France ont déjà été victime d’une tentative de rapport sexuel forcé ;
  • La loi qui reconnait aux mineurs le droit d’être protégés contre les violences sexuelles ne date que de 1989 ;
  • Avant 2006, il fallait avoir 18 ans pour se marier pour un homme, mais 15 pour une femme : quand on parle d’égalité…
  • Une personne victime de viol aggravé durant sa minorité peut porter plainte jusqu’à l’âge de 38 ans, les délais de prescription dans ces situations étant de 20 ans à compter de la majorité ;
  • Une femme sur trois en Afrique (oui, 1 sur 3) a été victime de mutilation sexuelle ;
  • Les femmes en France votent depuis 1945, mais la reconnaissance légale des violences qui leur sont faites ne date que du 9 juillet 2010 !

Alors voilà, nous avons encore beaucoup de travail avant d’obtenir un monde sans violence et sans sexisme, mais si déjà notre société a compris que cela passait par l’éducation de ses enfants, un pas certain vient d’être franchi.