Articles Tagués ‘Education’

Mon métier de formateur au numérique dans le premier degré (AKA #Ftice1d) m’amène régulièrement à réfléchir sur les différentes façons d’orienter les pratiques pédagogiques des enseignants afin d’optimiser l’utilisation d’outils numériques dans leurs enseignements et surtout que leurs élèves se les approprient afin d’optimiser les modalités d’apprentissage.

Dans cette optique, j’avais été très séduit par la proposition de Ruben Puentedura et de son modèle SAMR, qui m’avait d’ailleurs amené à en proposer une présentation visuelle que j’utilise encore régulièrement dans mes animations pédagogiques :

Puis j’ai découvert il y a quelques semaines un autre modèle qui tend vers des objectifs similaires, à savoir l’intégration des technologies numériques dans l’éducation, proposé par Thierry Karsenti et qui porte le doux nom d’ASPID. En voici une représentation :

aspid-TCe billet a pour vocation d’en faire un comparatif, dans le but d’alimenter une réflexion sur mes pratiques professionnelles ainsi que celles de mes collègues et de créer les conditions d’un débat.

Les objectifs

Parler d’objectifs similaires est en fait un peu délicat, car si le but est bien l’utilisation pédagogique du numérique, les intentions sont toutefois fondamentalement différentes.

Si Puentedura s’inspire sur le fond de la taxonomie de Bloom dans l’idée d’amener l’élève à des situations dans lesquelles ses acquisitions et ses productions seront au centre de ses apprentissages, le travail de Karsenti est plutôt orienté vers l’assimilation des outils par l’enseignant pour dynamiser sa pédagogie. On retrouve cependant dans les deux cas des phases initiales (substitution) et finales (redéfinition chez l’un, innovation chez l’autre) dont les caractéristiques sont similaires.

Alors, l’un des modèle est-il plus avantageux que l’autre ?

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Veet épilée, vite rasée

Publié: 11 mai 2011 par astringues dans Féminisme, Société
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On ne mesure pas assez, parfois le pouvoir du dire et à quel point les princes du marketing en usent et abusent pour flatter chez nous des bas instincts ou des volontés de préservation – notez – toujours individuelles (manquerait plus que des clients fassent un groupe facebook contre la boutique, tiens !)

Il se trouve qu’il y a quelques jours la marque Veet, produits d’épilation féminins, lance une nouvelle campagne… à destination des (petites) filles chez qui la toison pubienne s’implante. Si je conçois sans problème que l’on mette – ou non – de la coquetterie (au sens noble du terme évidemment) au design de sa toison pubienne, j’ai un peu de mal à considérer que ce soit une préoccupation essentielle chez des gamines de cet âge. Ils ont eu beau appeler leur produit « Mon minou tout doux » (!), la veille citoyenne a fait que la promotion internet n’a pas duré plus de 48 heures.

Le pire dans l’histoire est qu’on s’aventure sur un terrain qui ressemble à de la pédophilie, alors que ce n’a rien à voir, comme l’explique cyniquement l’universitaire canadien Jean Hamann : «Ce phénomène de sexualisation précoce des jeunes filles est apparu dans une logique économique de segmentation des marchés. Il ne faut pas y voir une réaction contre le mouvement féministe. C’est juste un nouveau marché à exploiter. Sa valeur atteindrait 170 milliards de dollars par année aux États-Unis seulement. Pour accaparer ce marché, les entreprises se disputent une clientèle de plus en plus jeune.»

Peu importe, en effet, le respect de l’enfance, de l’être humain, ou pire encore du féminisme ; tant qu’il y a un marché à exploiter…

Pauvre monde…

Allez, une fois n’est pas coutume alors je vais le dire sans ambages : je suis fier du ministère de l’Éducation nationale.

Non, ne cherchez pas l’ironie sous-jacente, la moquerie ou le cynisme humoristique dont je suis parfois capable, c’est vrai. En effet, celui-ci dans sa grande sagesse vient d’éditer un guide ressources intitulé : Comportements sexistes et violences sexuelles : prévenir, repérer, agir.

Ce document, rédigé en collaboration avec le Service des droits des femmes et de l’égalité du ministère des solidarités et de la cohésion sociale est un modèle de clarté et de précision qui informe avec pertinence et justesse sur la réalité des violences sexuelles et des comportements sexistes, notamment dans le milieu scolaire dont les acteurs sont évidemment ciblés.

On y retrouve des définitions précises (qu’est-ce que le sexisme ?), des statistiques parfois surprenantes et des rappels sur la législation en vigueur qui permettent d’avoir une vision claire du problème. On y apprend parfois des choses surprenantes (et/ou alarmantes), même si l’on se croit sensibilisé et informé du problème.

Alors, à la manière d’un pitch pour vous donner envie de le lire (pas besoin d’appartenir au monde de l’éducation), quelques éléments qui m’ont surpris, intrigué, choqué :

  • 12% des personnes en France ont déjà été victime d’une tentative de rapport sexuel forcé ;
  • La loi qui reconnait aux mineurs le droit d’être protégés contre les violences sexuelles ne date que de 1989 ;
  • Avant 2006, il fallait avoir 18 ans pour se marier pour un homme, mais 15 pour une femme : quand on parle d’égalité…
  • Une personne victime de viol aggravé durant sa minorité peut porter plainte jusqu’à l’âge de 38 ans, les délais de prescription dans ces situations étant de 20 ans à compter de la majorité ;
  • Une femme sur trois en Afrique (oui, 1 sur 3) a été victime de mutilation sexuelle ;
  • Les femmes en France votent depuis 1945, mais la reconnaissance légale des violences qui leur sont faites ne date que du 9 juillet 2010 !

Alors voilà, nous avons encore beaucoup de travail avant d’obtenir un monde sans violence et sans sexisme, mais si déjà notre société a compris que cela passait par l’éducation de ses enfants, un pas certain vient d’être franchi.

Décidément, la devise du Ministère de l’Éducation nationale doit être « on ne change pas une équipe qui gagne« .

Après avoir brillamment fait semblant de consulter les enseignants sur les nouveaux programmes de 2008 (j’en parlais dans ce post), voilà que nos énarques en poste rue de Grenelle (ça ne s’invente pas !) en remettent une couche sur le sujet des rythmes scolaires. Mais attention, les temps ont changé, cette fois-ci on ne plaisante plus :

De la com’, toujours de la com’

D’abord, on trouve un joli nom : Conférence nationale sur les rythmes scolaires.

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Éducation à l’ouverture

Publié: 21 septembre 2010 par astringues dans Education, Société
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Moi qui critique à longueur d’année l’utilisation des structures de l’Éducation nationale pour diffuser la propagande ministérielle, je tiens à saluer deux excellents initiatives prises ces dernières années et qui n’ont pas pris une ride, loin de là.

Le monteur, un menteur ?

Un film dans la série « Les fabricants de l’info » qui détaille les dessous du montage des reportages télé, démontrant avec pédagogie et finesse comment faire dire le contraire aux mêmes images. Remarquable de décryptage, l’émission de presque 7 minutes aurait presque sa place sur le site d’Acrimed.

Cliquez sur l'image pour visionner le film sur le site du Clémi

Cliquez sur l'image pour visionner le film sur le site du Clémi

Maman, Regarde !

Tiré de la série « Pas d’histoires ! 12 regards sur le racisme quotidien« , ce court métrage est un modèle de poésie, de surprise et de délicatesse sur le thème du racisme. Je vous laisse le déguster :

La journée d’Enzo

Publié: 10 juin 2008 par npa orléans dans Education, Société
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Ce texte a été trouvé tel quel sur le net, et je n’en ai pas retrouvé l’auteur. Si quelqu’un se reconnait pour tel, qu’il n’hésite pas à me contacter pour recevoir mes chaleureuses félicitations.

3 septembre 2012

Enzo est assis à sa place, parmi ses 32 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tâchée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congés maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés. La vieille dame de 65 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. (suite…)

Consultation « gratuite » ?

Publié: 26 mars 2008 par astringues dans Education, Société
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Programmes de l’éducation NationaleNotre président l’a annoncé, le ministre de l’éducation nationale y a planché : ça y est, les nouveaux programmes pour l’école sont sortis. Et maintenant, fini la rigolade des post-soixante-huitards qui fabriquaient 15% d’illettrés à la fin du CM2, on revient aux bonnes vielles valeurs des années cinquante et antérieures (qui elles produisaient 25% de redoublement en CP, voir mon post à ce sujet).

Consultation obligatoire

Seulement voilà : ces post-soixante-huitards d’enseignants n’ont pas la culture du petit doigt sur la couture.

C’est une de leurs nombreuses tares, ils s’imaginent que leur avis a une importance quelconque. Ils pensent connaître leur métier mieux que les théoriciens qui décident dans les hautes instance ministérielles. Ils estiment qu’ils devraient être associés à un processus qui doit modifier leur pratique professionnelle pour les années à venir. Ils croient même être en mesure de critiquer les documents qu’ont leur propose voire, pour quelques dangereux activistes, faire de contre-propositions réfléchies.

Alors on va les consulter.

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