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Depuis quelques temps déjà l’idée d’écrire sur la relation entre ceux qui font la télévision et les réseaux sociaux m’interpellait. Et puis je suis tombé sur le supplément télé du Nouvel Obs du 12 au 25 octobre, avec ce titre : « Enquête : la télé face aux réseaux sociaux ». Diantre ! me suis-je dit, la presse traditionnelle m’aurait-elle coupé l’herbe sous le pied et devancé mes velléités critiques ?

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Que nenni ! La fameuse « enquête » tient en une page (illustrations enlevées) et n’aborde qu’un seul point des difficiles relations entre les médias :  le tweetbashing.

Un décalage temporel

Je reviendrai sur la critique de l’article plus bas, mais il me semble que la télévision souffre aujourd’hui d’un décalage temporel, qui met en pièces l’avantage qu’elle a construit au cours de l’histoire des médias, notamment sur la presse papier. Fini le temps des breaking news du JT de 20h, que vous ne liriez que le lendemain dans les journaux (voir le surlendemain selon l’heure du bouclage). En 2013, le temps de la conf’ de rédac’ et de la décision, l’info a déjà fait le tour du monde via internet et les réseaux sociaux !

L’exemple Léonarda

L’événement tragique et complexe de l’expulsion de cette kosovare de 15 ans en pleine sortie scolaire a clairement mis en exergue ce TVlag. Les faits ont eu lieu le 9 octobre et Twitter, via un certain nombre de relais a évoqué le sujet dès le début de la semaine suivant. Je fais moi-même suivre l’info dès le 14 octobre :

À ce moment, les comptes twitter conventionnels (@franceinfo, @liberation_info ou encore @lemondefr)  n’ont pas encore réagi mais ça ne va pas tarder. Les comptes de particuliers par contre s’enflamment et le trending topic (comprendre : sujet en vogue) monte en flèche.

Qu’en est-il des journaux télévisés ? L’info n’arrivera que deux à trois jours plus tard selon les chaînes, les politiques se sentiront obligé de réagir le week-end suivant puisque « c’est passé à la télé » et on n’évoquera plus que cela… une fois la collégienne expulsée.

Le goût des mèmes

Autre exemple, les émissions de divertissement qui recyclent des contenus amusants pêchés sur le web : ça fait branché et en plus ça coûte pas cher. Notamment les « mème« , tel dernièrement ce jeune homme faisant une déclaration d’amour en passant sa main sur le visage, ou encore l’excellent People dying like Marion Cotillard. De deux choses l’une : soit le téléspectateur est internaute, et il l’a déjà vu, soit il s’en moque voire n’en comprend pas l’intérêt. Dans les deux cas c’est inutile.

Au delà du fond, il est clair que la télévision a clairement montré qu’elle ne pouvait rivaliser sur le terrain de la rapidité avec internet d’une part, Twitter de l’autre. Il est temps qu’elle fasse sont aggiornamento et retrouve une place qui lui convienne. Puisqu’elle ne peut plus lutter en vitesse, peut-on envisager qu’elle le fasse en profondeur, à l’instar d’un news magazine par rapport à un quotidien ?

Il faudrait pour ça une réflexion et une analyse pour lesquelles la télévision n’a pas encore montré beaucoup d’appétence…

Mais revenons à l’article de l’Obs.

(suite…)

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Dès qu’il utilise le quart de la moitié de ses facultés intellectuelles, n’importe quel français moyen peut le voir : la télévision ne dit pas la vérité. Pas toute la vérité, quelquefois. Une vérité déformée, souvent. Parfois même elle ment totalement.

Elle utilise pour cela toute la palette de ce qu’elle peut proposer comme émissions diverses, à commencer par la publicité (oui, vu le nombre d’heures qu’elle occupe, on peut maintenant la considérer comme une émission), les émissions dites de divertissement et même les programmes de « grands » reportage dont les journalistes s’aventurent pourtant plus souvent à interviewer les humoristes à la mode dans leurs hôtels parisiens qu’à arpenter le fond de l’Irak pour y témoigner des exactions des GIs.

Mais là où l’on atteint le summum du mensonge pernicieux, à l’instar des images subliminales, c’est dans les journaux télévisés. Démonstration. (suite…)